CSAPA Jura-Sud  
Centre de Soins, d’ Accompagnement et de Prévention en Addictologie
CSAPA de Morez

Quelques messages utiles concernant le tabac et son usage


Le tabagisme est dangereux  : il fait 78 000 morts par an par cancers mais aussi avec toute une palette d’autres maladies souvent mortelles au premier rang desquelles les maladies cardio-vasculaires et les maladies respiratoires.


Le tabac tue conformément à ce qui est inscrit sur chaque paquet. Et le tabagisme est responsable de nombreux et graves ennuis qui peuvent gâcher la vie.


Le mécanisme de la dépendance est très précoce (parfois après quelques semaines de consommation seulement). C’est un mécanisme complexe et puissant contre lequel le désir d’arrêt et la conviction sont souvent mis en difficulté. La meilleure protection consiste à ne jamais commencer à fumer.


La dépendance modifie le comportement cérébral au point qu’un syndrome de manque très pénible survient en cas d’interruption de la consommation. Ce syndrome de manque conduit le fumeur dépendant à poursuivre son intoxication contre son gré.


Il est facile de tester l’importance de sa propre dépendance en faisant l’expérience d’un arrêt volontaire de courte durée… et plus si affinité.


Même si l’arrêt du tabagisme est difficile, il reste à la portée d’un consommateur motivé et beaucoup de fumeurs arrêtent simplement parce qu’ils l’ont décidé.


La tentative d’arrêt de l’intoxication tabagique se solde parfois par un échec. Mais c’est une épreuve sans danger qui peut être recommencée de nombreuses fois jusqu’à la mener à son terme.


La précocité de l’entrée dans le tabagisme en augmente la dangerosité comme aussi la durée de l’intoxication qui est plus néfaste que la quantité fumée.


L’association tabac-pilule est très vivement déconseillée pour la santé. D’autres contraceptions sont possibles.


Il est possible de ne pas grossir lors de l’arrêt de l’intoxication tabagique moyennant quelques adaptations dans les habitudes de vie.


La consommation de tabac est un gouffre financier abyssal.


L’industrie du tabac dispose de moyens puissants pour faire de vous son esclave dévoué et aussi un contribuable généreux. Certains ont su résister… D’autres ont su plus tard s’en détourner.


La dépendance tabagique est telle que parfois elle nécessitera l’aide d’un professionnel de la santé, pour en venir à bout, par exemple l’aide de votre médecin généraliste.


Il existe plusieurs moyens médicamenteux et aussi plusieurs approches psychothérapeutiques pour aider un fumeur à se séparer du tabac. Les substituts nicotiniques sont l’un de ces moyens.


Deviens ce que tu es. Fais ce que toi seul peut faire.

                                Friedrich Nietzsche in «  Ainsi parlait Zarathoustra  »


Les appels gratuits d’aide
au sevrage tabagique
  


Fumer, ne pas fumer  ? Arrêter de fumer  ?
Aider et protéger un proche en difficulté avec le tabac  ?


Des questions nombreuses se posent au fumeur et à son entourage. Votre médecin généraliste, une infirmière scolaire, votre pharmacien peuvent apporter des conseils et des réponses adaptées. Ces sujets sont largement traités dans les médias. Mais en cas de difficultés on peut avoir recours aussi aux services gratuits et anonymes d’aide en ligne aux fumeurs.



Le site de référence est  : tabac-info-service.fr, service mis en place par le Ministère de la Santé, qui propose un numéro d’appel gratuit le 39 89 du lundi au samedi de 8h à 20h. (0,15€ par minute depuis un poste fixe). Ce site propose un coaching par une équipe de tabacologues indépendants de l’industrie pharmaceutique.


D’autres numéros gratuits apportent une aide sur d’autres addictions parfois associées au tabagisme  :

- Drogues info service au 0  800 23 13 13 tous les jours de 8h à 2h du matin (appel gratuit depuis un téléphone fixe ou un portable).

- Écoute alcool au 0  811 91 30 30 tous les jours de 8h à 2h du matin (coût d’une communication locale depuis un poste fixe).

- Écoute cannabis au 0  811 91 20 20 tous les jours de 8h à 2h du matin (coût d’une communication locale depuis un poste fixe).


Voici un numéro plus généraliste d’aide, de conseils et de soutien pour les jeunes en difficulté  :

- Fil santé jeunes au 32 24 (appel gratuit depuis un poste fixe) ou bien    
01 44 93 30 74 (coût d’une communication depuis un portable). La ligne est ouverte tous les jours de 8h à minuit.


Aucune question n’est stupide et aucune question d’adolescent ne provoque le rire de l’adulte. L’anonymat est une règle absolue. Rester dans l’embarras ou la détresse avec un problème non résolu n’est pas judicieux.

IMPOSSIBLE ?

                      n’est pas français…

Les bénéfices de l’arrêt du tabagisme


L’arrêt du tabagisme est difficile mais l’épreuve en vaut la peine car -quel que soit l’âge lors de l’arrêt et l’intensité de la consommation- l’organisme libéré de cette fumée envahissante va en tirer rapidement profit.


Dès la première demi-heure sans fumée le cœur est moins rapide et la tension artérielle est soumise à moins d’à-coup. C’est déjà l’occasion de minimiser le risque de mort subite ou d’accident venant compliquer une hypertension.


A la huitième heure l’oxyde de carbone qui avait pris la place de l’oxygène sur les globules rouges lâche prise enfin  ! Les cellules et tissus retrouvent leur métabolisme normal. Les performances s’améliorent pour les efforts nécessitant beaucoup d’oxygène comme le sport en endurance.


Vingt-quatre heures plus tard… Vous tenez toujours bon  ? Bravo  !

Le cœur et le cerveau sont mieux oxygénés. Le risque de mort d’origine cardiaque provoqué par le manque d’oxygène diminue. Même si ce risque existe toujours… Le corps a éliminé toute trace de nicotine. Pas de goudron  !


C’est ce phénomène et son bénéfice très rapide  sur la surmortalité cardio-vasculaire qui a tant fait rire nombre d’incrédules lorsqu’a été appliquée la loi sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Très vite sont apparus dans plusieurs pays des statistiques qui faisaient état d’une baisse nette et concordante de la mortalité cardio-vasculaire et des hospitalisations en urgences cardio-respiratoires. Certains virent là la preuve formelle que les ayatollahs antitabac enfumaient l’opinion publique. Comment imaginer qu’une telle interdiction pouvait après quelques jours réduire déjà la mortalité  ? Il est pourtant facile de comprendre que si l’EPO en augmentant l’oxygénation améliore aussitôt les performances, l’oxyde de carbone, qui agit avec la même violence que l’EPO mais en sens inverse, crée aussitôt de graves dégâts.

Au troisième-quatrième jour, le système autonettoyant pulmonaire a repris une efficacité que ne vient plus contrarier la succession incessante des cigarettes.


Les bronches s’ouvrent plus librement. Elles sont moins encombrées de mucus, le souffle revient peu à peu.


A la fin de la première semaine voici une surprise de taille  : les carottes ont le gout de carottes et les pommes coupées ont une odeur de pomme. Progrès de l’agriculture biologique  ? Non  ! Reconstruction lente et progressive des papilles et des structures nerveuses du goût et de l’odorat  !


Deux à trois mois après l’arrêt la marche se fait désormais sur terrain plat alors

que vous aviez toujours cette désagréable impression d’être en montée. Testez-vous

dans l’escalier. Peut-être découvrirez-vous qu’il pourra bientôt remplacer

l’ascenseur  ? Votre confiance en vous est meilleure. Vous attaquez  des projets

qui vous semblaient hors d’atteinte et vous êtes moins nerveux.


C’est l’époque aussi où la toux et la fatigue s’atténuent.

Souvenez-vous  : vous aviez toujours cette excuse d’avoir pris froid en une fâcheuse occasion et c’est ainsi que vous expliquiez (sans y croire vraiment  ?) votre toux chronique. Réchauffement climatique  ? Non  ! Simplement, vos voies ORL moins agressées sont devenues moins fragiles.


Un an d’arrêt  ! Vous pouvez souffler la bougie de cet anniversaire sans vous y reprendre à deux fois  ! Votre risque d’infarctus a diminué de moitié. Vous pouvez faire un accident vasculaire cérébral… Mais votre risque a rejoint celui d’un non-fumeur  !


Cinq ans d’arrêt  ! Si vous fumiez un paquet par jour vous pouvez vous offrir une voiture neuve. Mieux  ! Votre risque de cancer du poumon a diminué de moitié et il va continuer de décroître.


Dix ans d’arrêt  : votre espérance de vie rejoint celle des non-fumeurs  !


Restez méfiants. Le tabac vous paraît un souvenir bien lointain mais ne vous lancez pas des défis stupides. Gardez vos distances. La chair est faible. Il peut se passer tant de choses quand on rencontre une ancienne relation qui fut si proche…





N’OUBLIONS PAS QUE LE TABAC NUIT A LA BEAUTÉ

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La dépendance psychologique


La dépendance psychologique ou mieux encore psycho comportementale résulte de la mise en mémoire progressive des perceptions et émotions ressenties par le fumeur lors de sa consommation.

Dans les collèges les questionnaires sont formels : la première cigarette est décrite comme « dégueulasse ».  Et d’ailleurs beaucoup de jeunes se contenteront d’une expérimentation unique et sans lendemain. Mais un grand nombre aussi s’efforcera de poursuivre l’expérience qui deviendra de moins en moins pénible pour finalement aboutir très vite à la dépendance.


La dépendance pharmacologique à la nicotine provoque, dès l’usage répété, le syndrome de manque. La dépendance psychologique est de construction plus insidieuse.


Bientôt la cigarette devient familière. Elle est associée très vite, aux instants de la vie chargés d’une émotion particulière. Elle s’insinue  dans les moments de stress, d’angoisse, de joie, d’échange. Les choix délicats, les constructions mentales difficiles l’appellent aussi comme en témoigne le recours à la cigarette ou à la pipe dans les instants cruciaux des anciens films policiers…

Souvent, elle est un média pour entrer en relation avec autrui, et pour partager la complicité de moments de détente.  Elle devient, pour le fumeur psychologiquement dépendant, le marqueur obligatoire des moments festifs, solitaires ou partagés. Si le « ça s’arrose ! » traduit une connivence autour de l’alcool, le « ça se fume ! » aurait tout aussi bien sa place.


Dès lors le piège s’est refermé et le fumeur ne saura plus vivre ses émotions sans béquiller sur sa cigarette ! Et la cigarette se banalise encore. Au point d’être bientôt associée à des moments dépourvus d’émotions : entrer dans sa voiture, prendre un café, lire son journal… Comme chez le chien de Pavlov, le réflexe conditionné s’est construit !


Il deviendra très difficile et laborieux de reconstruire une vie sans elle.

Le Tabagisme passif


Le tabagisme passif c’est l’inhalation involontaire de la fumée du tabac des autres par un non-fumeur. La fumée libérée par l’extrémité incandescente de la cigarette est encore plus riche en produits toxiques que la fumée du courant principal absorbée directement par le fumeur. C’est donc un empoisonnement que subit contre son gré l’entourage immédiat du fumeur.   


Éloigner les fumeurs actifs et les empêcher d’intoxiquer les non-fumeurs est un devoir de santé publique et non pas une atteinte à leur liberté.

D’autant que le tabagisme passif fait 3 000 morts par an en France, c’est-à-dire autant que les accidents de la circulation (3 250 en 2013).

Les dégâts induits par le tabagisme passif sont un énorme scandale qui,
à ce jour, n’émeut guère notre société, mais les cigarettiers ne sont pas rassurés qui « redoutent cette dangereuse menace sur la viabilité de leur industrie » quand le scandale éclatera (enfin) en première page des journaux.


Les risques liés au tabagisme passif recouvrent ceux que s’inflige le fumeur :

- cancer du poumon (+26%)

- accident cardiaque (+25%)

- crise d’asthme chez l’enfant surtout, mais chez l’adulte aussi

- infection respiratoire de l’enfant (+72% si la mère fume, +29% si un autre membre de la famille fume), infection respiratoire chez l’adulte aussi.

- otite récidivante de l’enfant (+48% si les  deux parents fument)

- etc. car le tabagisme passif est responsable d’un certain nombre d’autres cancers (vessie, foie, pancréas, sein, col de l’utérus…), de morts subites du nourrisson, de retards de croissance du fœtus lors de la grossesse, de difficultés de l’apprentissage scolaire chez l’enfant enfumé, etc.


Les plus exposés aux effets nocifs du tabac des autres sont les enfants et les femmes enceintes.


Il ne faut pas perdre de vue aussi que lorsque le fumeur s’expose dans notre société il promeut et banalise l’image du tabac ce qui va à l’encontre des efforts de prévention contre le tabagisme notamment auprès des jeunes.   

Le syndrome de manque 


Lorsque les récepteurs cérébraux du fumeur chronique ne sont plus rassasiés de nicotine, parce que le tabagisme a été interrompu momentanément, ils crient famine et provoquent des symptômes nombreux et pénibles. Ces symptômes diffèrent selon les individus et leur degré de dépendance. Ils sont d’apparition progressive, devenant de plus en plus insupportables jusqu’à… ce que le fumeur allume la cigarette sur laquelle il va tirer avidement pour se ravitailler en nicotine. Et très vite les symptômes du manque se retirent.


Le fumeur connait bien cette fringale de nicotine. Il fait des provisions et prévoit des réserves en cas d’aléa de la vie qui l’éloignerait de ses stocks habituels. Et il peut faire des kilomètres s’il se laisse prendre au dépourvu…


Les symptômes les plus habituels sont d’abord une envie irrépressible de fumer. C’est même plus qu’une envie qui pourrait s’effacer devant une activité distrayante, c’est un besoin qui n’en finit plus d’insister et devient obsédant.


Ce manque se traduira aussi par une grande nervosité, une irritabilité qui met la relation avec l’entourage en péril. D’autant que l’humeur dépressive contribue à rendre le fumeur en état de manque fort désagréable. C’est ainsi que beaucoup de tentatives de sevrage difficiles et non aidées se terminent par l’achat par le conjoint d’un paquet pour… en finir d’arrêter !


Le manque peut aussi provoquer un défaut de concentration qui donne l’impression que les idées sont ralenties, visqueuses avec une perte d’efficacité de la pensée. L’appétit est stimulé (le tabac se comporte comme un coupe-faim) et, en l’absence de stratégie adaptée, les prises de poids ne sont pas rares. Le sommeil est souvent perturbé avec des insomnies, des cauchemars et plus rarement de la somnolence.


Ces difficultés ne sont pas obligatoires et nombreux sont ceux qui réussiront cet arrêt avec leurs ressources personnelles. Les plus dépendants, s’ils sont en échec, ne doivent pas se décourager. Simplement ils devront en conclure qu’il est nécessaire et raisonnable qu’ils demandent de l’aide.


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Le tabagisme passif                                               Le syndrome de manque

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